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Bloc-Notes de la semaine du 22 au 28 mai 2017

- Devoirs – Rythmes & maitres+ - Quelle politique ? – Pré-requis – Fake news - Butinages -

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Le bloc notes revient sur les premières annonces de Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’Éducation Nationale. Celui-ci a choisi habilement de communiquer surtout sur les devoirs. Mais il y a aussi la « réforme de la réforme » des rythmes qui se profile et la réduction des effectifs en CP. On en sait un peu plus sur l’application de ces mesures. Il lui reste malgré tout à clarifier certaines positions sur sa manière de gouverner. On évoquera aussi le dossier explosif des “pré-requis” pour l’enseignement supérieur. Et, même si on aurait pu s’en passer, on reviendra sur la polémique qui a opposé l’ancienne ministre à une supposée journaliste dans ONPC. Bonne lecture !

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Devoirs faits
« Nous lançons le dispositif devoirs faits dès la rentrée prochaine, l’objectif est que les enfants rentrent chez eux devoirs faits  », a déclaré à la presse M. Blanquer après un discours prononcé lors du 94e congrès de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP – Parents d’élèves de l’enseignement public) à Avignon. Cette communication assez efficace est reprise par de nombreux médias comme dans Le Monde , L’Express , Ouest-France ou France 2 . Le Ministre précise : «  Ça signifie que des devoirs, il y en a, mais qu’ils ne sont pas faits pour être faits à la maison mais plutôt dans l’établissement, de façon à créer une forme de tranquillité en famille sur ces sujets, d’amenuiser les inégalités qui peuvent exister entre les familles et avoir du temps heureux en famille.  ». Il promet «  de premières applications » à la rentrée prochaine. Mais il ne donne pas de détails car, dit-il, «  Je vais écouter les acteurs pour affiner ce processus […], on va s’adapter à chaque cas, par exemple, au collège, cela peut prendre la forme d’études dirigées de 16 heures à 18 heures le soir dans tous les collèges, et pas seulement en éducation prioritaire. ». Le Ministre avait déjà communiqué sur cette annonce dans un entretien au Point paru en début de semaine sur lequel nous reviendrons plus loin dans cette revue de presse.
« Études surveillées  » ou « Études dirigées », le dispositif existe déjà pour le Primaire dans de très nombreuses communes. La différence, notable, est que celles ci étaient payées jusque là par les municipalités. Qu’en sera t-il maintenant ? Si cela est pris en charge (heures supplémentaires, subventions à des associations,…) cette mesure risque d’être au final très coûteuse d’autant plus si elle est étendue au Collège. Le Ministère rappelle cependant qu’elle ne sera pas obligatoire mais proposée aux familles qui le souhaitent.
Ce n’est pas la première fois que le sujet est mis en avant. Et Jean-Michel Blanquer n’est pas le seul à dire que les devoirs à la maison sont un facteur important d’inégalités sociales. On se rappelle que pendant la campagne présidentielle Benoît Hamon défendait l’idée d’un service public du soutien scolaire. Emmanuel Macron privilégiait le lien avec les associations pour cette aide au travail personnel.

Cette mesure ravive surtout un vieux débat porté depuis longtemps par les parents d’élèves et plusieurs mouvements pédagogiques sur l’intérêt pédagogique des devoirs eux-mêmes. Rappelons d’abord que les devoirs à la maison sont en principe interdits à l’école depuis 1956. Mais la pratique perdure et la distinction est souvent difficile à faire entre le nécessaire moment d’apprentissage des leçons et l’externalisation du travail scolaire. La question est donc de savoir ce que l’on met exactement derrière ce vocable très ambigu de « devoirs ». Parler de "devoir" plutôt que "travail personnel " n’est pas neutre. Il fait référence pour les « gens », à leurs propres souvenirs d’école. Le mot "devoir" évoque les exercices, les leçons à apprendre... Le mot travail personnel définit plutôt les entraînements, mais aussi la recherche, la réutilisation de ce qu’on a appris dans des travaux variés (l’écriture, la création, la lecture, la préparation d’exposés pour la classe, de présentation diverses...). L’école doit être son propre recours mais en même temps il faut aussi re-questionner le moyen de renforcer le lien entre l’école et les familles qui était souvent exprimé par ces “devoirs”. Reste à voir aussi comment les enseignants, qui ont quelquefois été réticents à l’arrivée des animateurs des activités périscolaires dans les écoles, accueilleront une éventuelle intervention des mouvements d’éducation populaire et des associations.

Sur la question des inégalités sociales liées aux devoirs, on pourra lire avec profit à ce sujet l’étude menée par Julien Netter et Séverine Kakpo sur le site de l’Ifé – Centre Alain Savary . L’interview que donnait Séverine Kakpo à Luc Cédelle en 2012 est également éclairante. Elle rappelait que « Politiques, enseignants, parents et chercheurs s’accordent à dire que tout processus d’apprentissage doit passer par une phase de travail personnel de l’élève, permettant la consolidation des notions abordées en classe. La vraie question est : où ce travail doit-il être fait ? On sait qu’en dépit de leur mobilisation, au-delà du primaire, les parents les moins diplômés « décrochent », et les clivages sociaux se creusent. Mon avis de citoyenne, c’est que l’école doit renouer avec l’idée d’un encadrement du travail personnel. Mais la « réinternalisation » des devoirs n’est pas, en soi, un gage d’efficacité. Cette réforme n’a de sens qu’articulée à une réflexion sur les pratiques pédagogiques et sur la formation des enseignants. »
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Rythmes et Maitres +
Si le ministre a choisi habilement de commencer à communiquer par ce sujet des devoirs, ce n’est pas, loin de là, le seul dossier sur le bureau du Ministre. On pourra lire une bonne synthèse de tout ce qui attend le ministre sur Mediapart sous la plume de Faïza Zerouala. On pourra lire aussi un avis plus polémique d’Agathe Cagé sur les enjeux en matière d’éducation sur le nouveau blog Balle au Centre . Celle qui fut conseillère puis directrice adjointe du Cabinet de Najat Vallaud-Belkacem pointe les contradictions et les oublis de ce début de ministère Blanquer.
Attardons nous ici sur deux points qui ont déjà commencé à susciter des discussions et même des polémiques : les “rythmes scolaires” et la réduction des effectifs de CP en éducation prioritaire à douze élèves.

D’ores et déjà on apprend que la réforme des rythmes scolaires aura fait long feu à Marseille selon Le Figaro (et l’AFP). La Ville n’attendrait que la publication du décret d’application donnant le choix aux communes de renoncer ou non à cette réforme pour "tout arrêter", a expliqué Danièle Casanova, l’adjointe aux écoles. Et si Marseille est la municipalité la plus importante, ce n’est évidemment pas la seule à déjà envisager le retour à la semaine de quatre jours.
Mais contrairement à ce qui semblait se dessiner la semaine dernière, la possibilité donnée aux maires de renoncer à la réforme des rythmes scolaires ne devrait être généralisée qu’à la rentrée 2018, et non en septembre prochain selon la revue Maire Info
« Sur l’air d’un pas en avant, trois pas en arrière » déplore le spécialiste François Testu sur le site des Cahiers Pédagogiques . « La réforme des rythmes scolaires a oublié l’école  » (et les apprentissages) regrettait en mars 2017, une autre spécialiste, Claire Leconte dans une tribune sur Touteduc . Il est utile de rappeler avec eux que la réforme visait avant tout à redonner de la qualité aux apprentissages en offrant (de nouveau, comme avant 2008) cinq matinées pour apprendre.

L’autre mesure qui a déjà été abondamment débattue est celle de la réduction à 12 élèves pour les classes de CP. Une des principales promesses du candidat Macron dans le domaine de l’éducation. Depuis la nomination de Jean-Michel Blanquer, on en sait un peu plus sur l’application concrète de ce nouveau dispositif. La mesure concernera 2.200 classes (beaucoup moins qu’au départ). «  Nous avons  » ces enseignants supplémentaires, soit « légèrement plus » que les 2.200 précités, car il faut ajouter à ce nombre les remplaçants, a indiqué le ministre. Emmanuel Macron avait précisé lors de sa campagne vouloir redéployer les enseignants affectés au dispositif « Plus de maîtres que de classes » (un ou des profs supplémentaires dans une école primaire pour permettre la co-intervention en classe, soit deux maîtres dans une même classe).
Mais cette première mesure a suscité la colère des syndicats et des protestations qui se sont exprimées à travers une pétition qui a rencontré beaucoup de succès . Jean-Michel Blanquer affirme « avoir entendu ces craintes » et veut finalement laisser « le temps d’évaluer ce dispositif. C’est ce qu’on va faire pour en tirer progressivement les conséquences ». Il admet sans rentrer plus dans les précisions que les deux systèmes pourront cohabiter.
Pour compléter le dossier, on pourrait aussi s’intéresser à la proposition de Catherine Chabrun sur le site de l’ICEM  : « Monsieur le Ministre...Au lieu de faire des classes de CP à 12 élèves et des classes de CE1 à 12 élèves en REP+, réunissez-les CP et les CE1 dans une seule classe, une alchimie pédagogique se produira renforcée avec le maître supplémentaire que vous nommerez. Deux ans pour apprendre « à lire, à écrire, à compter », comprendre le monde et assurer la suite du chemin scolaire, n’est-ce pas ce que vous souhaitez ? Pour argumenter cette proposition, rien ne vaut l’expérience d’une pratique pédagogique sur un certain temps… Je vous livre la mienne. »
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Quelle politique ?
Plus globalement, on peut s’interroger sur la politique que va mener le nouveau Ministre qui n’a pas été avare de déclarations au cours de la semaine.
C’est aussi le 24 mai (Décret n° 2017-1080) qu’on a eu quelques précisions sur le périmètre de son action. Le décret d’attribution précise qu’il sera aussi le ministre de la Jeunesse et de la vie associative. Il s’intéressera également à l’égalité des chances et à l’engagement civique. Le Journal Officiel nous a aussi informé, au fur et à mesure de la composition du cabinet du Ministre. Après la nomination de Christophe Kerrero comme directeur de son cabinet, c’est Christophe Pacohil qui est nommé chef de cabinet. Il a déjà exercé cette fonction auprès des ministres du budget et de l’économie entre 2010 et 2012 c’est à dire François Baroin. Il était jusqu’à aujourd’hui conseiller du Directeur général de l’ESSEC.

Quelle gouvernance ? « Il n’y aura pas de Loi Blanquer, j’en serai fier », a revendiqué devant la presse le ministre ce vendredi après un discours prononcé lors du 94e congrès de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep) à Avignon. Désormais, « il y aura des évolutions du système, qui ne seront pas verticales ». Il semble vouloir privilégier le « pragmatisme  » et l’« expérimentation. « L’expérimentation [qui]est la méthode par excellence pour tester un dispositif, l’évaluer et donc légitimer son application à grande échelle si c’est nécessaire ». Et il insiste aussi, dans ses différentes interviews et déclarations, sur la nécessité de redonner de la confiance aux acteurs de terrain.

Mais pour redonner confiance aux acteurs de terrain, il faudrait déjà commencer par ne pas les insulter et les caricaturer. Jean-Michel Zakhartchouk sur son blog EducPros propose un abécédaire de l’ère Blanquer. A la rubrique « Caricatures », on peut lire ceci : « On espère qu’elles seront évitées par le nouveau ministre. Malheureusement, dans sa tribune avant l’élection, il présentait la pédagogie « à la finlandaise » comme celle de l’enfant-roi et du spontanéisme. Il faudrait qu’il se renseigne davantage sur ce qu’est réellement l’exigence de la pédagogie dite nouvelle, celle d’ailleurs mise en œuvre dans les micro-lycées qu’il a soutenus comme recteur. »
D’autant plus qu’il a récidivé dans un entretien récent au Point . Le nouveau ministre de l’Éducation y annonce vouloir en finir avec le "pédagogisme" et le "jargon inutile". « Nous devons enclencher le cercle vertueux de la confiance de la société en son école. Cela commence par la clarté du langage. Ce qu’on a appelé le pédagogisme doit désormais relever du monde d’hier. On doit sortir des querelles stériles et viser le meilleur de ce dont la France est capable : l’esprit cartésien allié à la créativité.  ».
Le procédé rhétorique est classique : grossir le trait, caricaturer et inventer un extrême qui n’existe pas (ou très peu) pour pouvoir ensuite se placer en arbitre et en voie médiane. Sortir des « querelles stériles » ? Chiche...
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Pré-requis ou sélection à l’entrée à l’université
Intéressons nous aussi à l’enseignement supérieur mais dans ses liens avec l’enseignement scolaire. Dans son programme pour l’université ; Emmanuel Macron déclarait vouloir «  faciliter les choix d’orientation des étudiants ». Ainsi, «  chaque université affichera les prérequis de chacune des formations qu’elle propose  » était-il précisé. L’objectif : «  garantir une meilleure transition de l’enseignement secondaire vers le supérieur » et « enrayer la sélection par l’échec  » pour «  permettre à chacun de s’insérer sur le marché de l’emploi à l’issue de ses études supérieures ».
Sujet hautement inflammable... Car si l’on traduit « pré-requis » du politiquement correct en français courant, cela signifie : « sélection à l’entrée à l’université. Comment le gouvernement va t-il s’y prendre sur ce sujet explosif, alors que l’université doit accueillir à la rentrée prochaine 40.000 étudiants de plus que l’an dernier. «  C’est possible  » que l’expérimentation soit « l’une des méthodes » pour mettre en place les prérequis, a indiqué la nouvelle ministre, Frédérique Vidal, jeudi dernier lors de la passation de pouvoir avec Thierry Mandon. dans des propos repris par Les Échos .
Rappelons qu’une sélection avait déjà été mise en place par le gouvernement précédent, mais elle concernait uniquement l’entrée en master. Pour l’entrée en licence, le tirage au sort – déjà officieux dans certaines universités – avait été autorisé à la fin du quinquennat Hollande mais en irritant fortement les organisations étudiantes. Mais, on le voit bien la question ne concerne pas que les étudiants mais aussi les lycéens. Si on établit des « pré-requis » que devient alors le baccalauréat supposé être le premier grade universitaire et le sésame pour rentrer à la fac ? Et on peut se demander si le problème n’est pas aussi celui du lien entre l’enseignement supérieur et l’enseignement secondaire. Et dans ce cadre, on risque de voir resurgir assez vite la question d’une réforme du lycée.
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On n’est pas rendu...
La scène a tourné en boucle sur les réseaux sociaux à la fin de la semaine dernière. Invitée, samedi 20 mai de l’émission de France 2 "On n’est pas couché", l’ancienne ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem et la journaliste Vanessa Burggraf se sont opposées sur un certain nombre de points et notamment la question de la réforme de l’orthographe entrée en vigueur à la rentrée 2016. Une réforme que la chroniqueuse a imputée, à tort, au bilan de la ministre de François Hollande. Celle ci a répliqué de manière très pugnace en accusant la journaliste de propager des « fake news ».
En effet, si l’ancienne ministre de l’éducation nationale a poursuivi la réforme des rythmes scolaires et mené celle du collège, elle n’est en rien responsable d’une réforme dont le principe a été adopté en 2008 par le Bulletin officiel. C’est le conseil supérieur des programmes qui a conseillé aux éditeurs d’appliquer la réforme de 1990 par souci de cohérence. Certains éditeurs de manuels scolaires ont alors décidé de communiquer là dessus pour relancer un peu de publicité et surtout reconquérir des parts de marché en mettant en difficulté ceux qui ne voulaient pas appliquer ces recommandations. Et c’est ensuite TF1 qui s’est emparé de cette information pour en faire le sujet de polémique et de buzz que l’on sait. Cela a agité les médias et l’opinion publique pendant le mois de février 2016. Je conseille la lecture des chroniques de ce bloc notes durant cette période pour en refaire toute l’histoire.
Cet accrochage ne se limite pas à ce seul aspect. On peut recenser quatre intox dans l’intervention de la supposée journaliste. Et aussi une insinuation sur l’enseignement de l’arabe pour faire bonne mesure. Quoi qu’il en soit tous les journaux ont repris cette polémique. On ne va pas tous les citer et renvoyer vers le résumé assez complet dans Le Monde . Seul le chroniqueur Loys Bonod dans un blog hébergé par Marianne a pris la défense de Vanessa Burggraf et affirme que le ministère a bien imposé la réforme de l’orthographe.

Pour prendre un peu de hauteur, on trouve la meilleure analyse de toute cette affaire dans Libération sous la plume de Michel Becquembois . En quelques lignes, il résume parfaitement ce que je ne cesse de dire depuis des années à propos du débat sur l’École  : «  On touche là au syndrome « équipe de France ». Vous savez, celui qui veut que toute personne qui ait un jour vu un match à la télé ait des idées très arrêtées sur comment il fallait faire jouer l’équipe et à quel remplacement il fallait procéder. Pour l’éducation, c’est pareil, tout parent ayant un enfant scolarisé a évidemment un avis sur le fonctionnement du système scolaire : la preuve, dans l’école de ma fille, etc. Une expérience personnelle, toujours intéressante certes, mais surtout un argument d’autorité pour clore une conversation, une opinion qui malheureusement ne vaut pas expertise. L’éducation ne vaut-elle pas mieux qu’un débat fondé sur des cas particuliers ? »
Et il poursuit en élargissant le propos : «  On peut contester la réforme du collège (une réforme que Vallaud-Belkacem a bien menée, celle-là) avec des arguments de fond (les syndicats de profs ne s’en sont d’ailleurs pas privés en leur temps), on peut discuter du bien-fondé de telle ou telle mesure mise en place ces trois dernières années par la rue de Grenelle. Mais qu’une journaliste utilise son magistère pour relayer des mensonges manifestes inventés pour nuire consterne. Qu’elle le fasse de bonne foi, comme cela semble être le cas, est encore plus atterrant. Et que la séquence se termine sans trancher entre les deux versions laisse à penser que décidément, la vérité n’est plus qu’une opinion parmi d’autres. Et le pire, c’est que tout le monde trouve ça normal. »
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Butinages
Comme chaque semaine, on finit avec quelques liens vers des lectures (ou des émissions) intéressantes pour compléter ce bloc-notes.

Le Monde nous emmène au Danemark . Depuis 2008, les lycées de ce pays testent l’usage du Web pendant les examens. Avec des résultats plutôt concluants, qui pourraient déboucher sur une généralisation des épreuves connectées. Jeppe Bundsgaard, chercheur à l’institut de pédagogie et d’éducation à Aarhus, défend la démarche : « On essaie de créer de l’authenticité. L’épreuve traditionnelle, où les étudiants sont assis pendant des heures dans une pièce, isolés du reste du monde, est complètement artificielle. Les autoriser à accéder à Internet permet de les placer dans une situation aussi proche que possible de la réalité, en testant ce qu’ils ont appris à l’école et leurs méthodes de travail.  »

Sur le site Medium , on pourra lire un texte intéressant où l’auteure, Svetlana Meyer, à l’heure où le nouveau ministre est connu pour son grand intérêt pour ces recherches, essaye de déconstruire le lien qui est (souvent) fait entre sciences cognitives et libéralisme. Elle écrit « A cause de leur supposée obsession de la “performance pédagogique”, les sciences cognitives sont souvent considérée comme une émanation scientifique du productivisme ambiant. Ou, pour reprendre les mots plus terre à terre que l’on a adressés à l’un de mes collègues, comme “une science de droite”.  ».
Et elle s’emploie dans la suite de son texte à démontrer le contraire. Il n’en reste pas moins qu’il serait utile alors aux chercheurs dans ces domaines de ne pas se présenter comme les détenteurs de la vérité et de LA méthode mais comme un outil d’analyse et d’évaluation parmi d’autres.

Finissons par un éclat de rire avec cette bande dessinée trouvée sur le site Golden Moustache (par MsieurLeProf et Catsass). Elle s’intitule « Naissance, vie et mort d’une expression à la mode » et pourrait avoir pour sous titre : « dans les cours de récré (et ailleurs) ». Il est difficile de résumer une planche où l’auteur, avec beaucoup d’humour et de la finesse d’observation décrit donc comment nait une expression à la mode, comment elle se répand dans les cours des collèges et comment elle meurt lorsque les adultes (et en particulier les profs) s’en emparent. En résumé, cette planche est sympa, elle est bath, elle est sensass, c’est trop de la balle... J’avoue, c’est épatant.

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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