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Bloc-Notes de la semaine du 12 au 18 septembre 2016

Inégalités — Mérite — École numérique — Mixité — élections pestilentielles


Et si on parlait vraiment des inégalités à l’école et des moyens de les réduire ? C’est le pari (fou) de ce bloc-notes qui commence par ce qui est au coeur du rapport de l’OCDE mais aussi de plusieurs autres publications. Dans ce retour sur l’actualité éducative, on parlera aussi de l’évolution du système d’inspection et d’évaluation des enseignants, de l’école numérique. On reviendra également sur le thème de la mixité sociale avant de finir par le feuilleton sur les élections marqué par la surenchère et la confusion des repères...

Inégalités
Quoi qu’on pense de l’OCDE, la publication chaque année de Regards sur l’Éducation par cette institution est un évènement et ce rapport est toujours une source d’informations et de réflexions. L’édition 2016 qui compile 100.000 données sur l’état des systèmes éducatifs en 2014, ne fait pas exception et éclaire plusieurs débats hexagonaux.
On y apprend que la France consacrait (en 2013) un investissement "plutôt faible" à l’école primaire, avec 7.200 dollars par élève et par an contre 8.500 en moyenne dans l’OCDE. On notera toutefois que lors de la conférence de rentrée scolaire, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a défendu un rééquilibrage des dépenses en faveur du premier degré, chiffres plus récents à l’appui, avec une dépense annuelle par écolier en hausse de 12,5%, atteignant 6.500 euros en 2017 contre 5.800 euros en 2012.
La publication de l’OCDE évoque aussi les rémunérations des professeurs . “Les salaires des enseignants restent peu attractifs” dans l’Hexagone, relève l’OCDE, en mettant en regard le salaire effectif - primes incluses - d’un enseignant du primaire avec celui d’un actif diplômé de l’enseignement supérieur. Un enseignant du primaire reçoit 76 % du salaire de cet actif. 
Pour les enseignants de collège en filière générale, l’assertion est moins vraie : ils perçoivent 91 % du salaire d’un actif diplômé de l’enseignement supérieur.
 L’OCDE a aussi comparé le salaire statutaire des enseignants (hors prime) avec celui d’une personne active. En début de carrière, la France est en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. 
En revanche, en fin de carrière, un enseignant qui termine à l’échelon maximal serait selon le rapport au-dessus de la moyenne OCDE.
Il y a bien d’autres sujets encore qui sont abordés dans ce très riche rapport. Mais le mot clé de cette année semble être celui d’“inégalité”. Et l’évaluation de la situation qui est faite peut se résumer comme le fait Le Figaro par cette formule scolaire “pour l’OCDE, la France peut mieux faire. “La France a réussi beaucoup de choses sur un plan quantitatif mais pêche toujours sur un plan qualitatif”, résume Éric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE. On peut constater que si, depuis quarante ans, le niveau d’instruction de la population française s’est considérablement élevé, les inégalités se sont creusées ces dix dernières années. “La France a réussi à massifier son éducation, en emmenant toujours plus de jeunes à des diplômes du secondaire et aux études supérieures, elle garde une élite forte et performante, mais elle a laissé une partie, les moins favorisés, sur le bord du chemin”, ajoute le même Eric Charbonnier dans Le Parisien
On peut espérer que ce thème majeur de la lutte contre les inégalités reste encore dans l’actualité. Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) doit rendre public dans dix jours une vaste étude, passant au crible vingt ans de politiques publiques éducatives, au titre parlant « Pour quelles raisons la France est-elle devenue le pays le plus inégalitaire de l’OCDE ». En préparation de cette publication, il faut signaler le bon dossier du journal Le Parisien du vendredi 16 avec pour titre : “Inégalités scolaires : le défi de l’école française”. Outre un très bon reportage de Christel Brigaudeau au fond d’une classe de CP, on y trouve aussi une interview d’Arnaud Riegert membre de ce Conseil national d’évaluation du système scolaire . A la question “Faut-il donner encore plus de moyens financiers à l’école pour corriger le tir ?”, il répond “L’Education est le premier budget de la France, et les moyens supplémentaires que le pays serait en mesure de lui accorder ne suffiraient pas à changer radicalement la situation. Les dizaines de milliers de postes créés sous le quinquennat de François Hollande n’ont pas changé la donne. Les inégalités scolaires doivent être attaquées sur plusieurs angles en même temps pour que la lutte soit efficace : il faut des moyens mais aussi une plus grande mixité et de nouvelles méthodes pédagogiques.
Toujours sur ce thème des inégalités et de l’École, il faut aussi attirer l’attention sur un livre qui vient de paraitre. Il s’agit de « L’école qui classe » de la sociologue Joanie Cayouette-Remblière dont on pourra lire un compte-rendu dans Libération A partir de l’analyse du parcours de 530 élèves suivis à travers leurs bulletins scolaires, du primaire au baccalauréat, elle en arrive à la conclusion que l’école française contribue à fabriquer les inégalités. Elle l’exprime très clairement dans dans le Café Pédagogique  : “Lorsque l’on parle inégalités scolaires, on entend souvent que les élèves de classes populaires arrivent à l’école avec des manquements et qu’ils gardent ce handicap. Avec ce travail, je montre que les écarts se creusent au fil des parcours. Certains chercheurs en ont eu l’intuition. Mais cela n’avait jamais été démontré, chiffres à l’appui. Or on le voit ici très nettement au niveau local. Ce ne sont pas les écarts de début de sixième que l’on retrouve en fin de parcours. Loin de les résorber, l’école française creuse les inégalités.
Face à de tels enjeux, on se prend à rêver que le débat sur l’éducation porte vraiment sur cette question essentielle plutôt que de s’écharper sur des questions de blouse ou de salut au drapeau...

Mérite ?
Beaucoup d’articles cette semaine ont porté sur l’évaluation des enseignants et le nouveau système de gestion des carrières.
L’Éducation nationale s’apprête à modifier le système d’avancement des carrières en vigueur pour tous les enseignants. Ils feront l’objet d’une inspection quatre fois au cours de leur carrière qui pourra se solder par une augmentation. Cette réforme coûtera 1 milliard d’euros sur les trois prochaines années. […]Cette réforme avait été annoncée par la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, en mai dernier, pour revaloriser leurs carrières. Un document de travail du ministère de l’Éducation nationale, révélé par RTL et que le Figaro a pu consulter, en précise ce jeudi les premiers détails ” C’est ce qu’on peut lire, par exemple dans Le Figaro . Les médias semblent présenter l’information “révélée” par RTL comme entièrement nouvelle... Mais comme le rappelle Le Figaro dans l’extrait cité plus haut, tout ce qui est décrit est déjà dans les tuyaux depuis plusieurs mois (depuis mai au moins pour le grand public) et se situe dans le cadre des négociations PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations). Elles avaient été présentées fin mai dans un article très complet du Café Pédagogique
Donc ce n’est pas un "scoop". Ce qui est intéressant aussi à observer c’est la manière dont les médias en rendent compte avec plus ou moins de subtilité et de précision et avec plus ou moins d’arrières-pensées politiques. Par exemple, présenter cela comme un “salaire au mérite" comme le font plusieurs journaux est pour le moins excessif et tendancieux...
Essayons de prendre un peu de recul pour se demander si le système actuel est satisfaisant avant de voir d’où vient ce projet et les avantages et les inconvénients qu’il peut avoir et de finir par les difficultés qu’il peut rencontrer...
Le système actuel est-il satisfaisant ? La réponse est NON ! Demandez à des enseignants le nombre d’inspections au cours de leur carrière : 2, 3 ou 4 maximum... En plus du faible nombre, on sait aussi que souvent les inspections sont très infantilisantes dans leur modalités mêmes : collègues prévenus tardivement, jugés plutôt que conseillés, critères peu objectifs et soumis aux lubies de tel ou tel inspecteur,... Tout cela sur une seul heure de cours qui décide pour un bon nombre d’années de la vitesse à laquelle vous allez avancer dans votre carrière (3 vitesses : ancienneté, petit choix, grand choix) et donc de votre salaire. Ce qui est évalué est essentiellement de l’ordre de ce qui se passe dans l’activité d’enseignement, tout ce que vous pouvez faire “à côté” compte plus ou moins pour du beurre. On sait aussi, c’est la légende noire de l’enseignement, qu’il existe des très mauvais professeurs qui peuvent même faire du mal aux élèves, mais qu’il est très difficile de les sortir des classes et même de voir cela dans une inspection ponctuelle où ils peuvent faire illusion. Enfin, comme les inspecteurs ont un pouvoir réel sur les profs puisque leur note et leur rémunération dépend de leur avis, cela développe des comportements infantilisants et des pratiques un peu clientélistes qui sont regrettables : peut-on parler normalement à son inspecteur lorsqu’on sait qu’il vous note ? Oui, pour certains vieux schnoques comme moi, mais pas tout le monde. Quant à la notation administrative (sur 40 alors que la notation pédagogique est sur 60) faite par le chef d’établissement c’est tellement codifié et soumis à des péréquations que son effet est minime.
En bref, un système actuel qui permet assez mal de valoriser certains profs et qui ne permet pas non plus de sanctionner les mauvais (ben oui, ça existe...). C’est aussi un système "inadapté, relevant davantage du jugement que du conseil" puisqu’il "poursuit deux objectifs inconciliables : l’amélioration des pratiques professionnelles d’un côté et la gestion différenciée des carrières de l’autre". Ce n’est pas moi qui le dit, c’est un document interne au SNES évoqué par le site Touteduc
Pourquoi le système a t-il perduré ? Parce qu’il est, en fait, assez indolore. Et parce que, quoi qu’on en dise, et même si le moment de l’inspection est toujours vécu de manière stressante, il fout la paix aux enseignants. Ceux-ci sont des fonctionnaires qui sont en fait très peu contrôlés. Il a reposé aussi sur un système de co-gestion qui a fait se maintenir voire prospéré l’activité syndicale et si on avait l’esprit mal tourné on pourrait penser que c’est aussi une raison de son maintien. Enfin, il est encore la raison d’être de l’existence des corps d’inspection. C’est leur gagne-pain et c’est là dessus qu’eux mêmes sont en grande partie évalués !
D’où vient le système proposé aujourd’hui ? D’abord de la négociation syndicale qui est toujours en cours. Tout n’est donc pas encore acté comme semblent le dire à tort certains médias. Il vient ensuite du constat que, comme je l’ai montré plus haut, le système actuel trouve ses limites. Un constat partagé jusque là par l’essentiel des syndicats. Le système propose des rendez vous et un système de “vitesses” simplifié qui est plus clair que les visites aléatoires et peu fréquentes évoquées plus haut. Par ailleurs, il essaie de prendre en compte la globalité de l’engagement du professeur plutôt que le seul aspect du cours même si c’est considéré par beaucoup comme le cœur du métier. Il prend en compte les “nouvelles” missions de l’enseignant et valorise ceux qui vont au delà de ce seul aspect du cours proprement dit. Il ne s’agit pas de “salaire au mérite” mais de prise en compte de l’engagement sur des critères relativement objectifs. Le protocole d’évaluation est beaucoup plus rigoureux, semble t-il. Il repose aussi sur un bilan de compétences et une part d’auto-évaluation et de dialogue entre les différentes parties concernées. Cependant il reste encore très individuel et pourrait mettre plus en avant la dimension collective. Ce qui se fait plus dans le primaire où les IEN font de plus en plus des inspections d’école qui englobe l’ensemble des professeurs des écoles et leur travail d’équipe.
Qu’est-ce qui risque de bloquer ? Peut-on faire évoluer le système avec les mêmes acteurs que ceux qui ont contribué à la situation actuelle ? Autrement dit :
- le corps d’inspection saura t-il évoluer d’une fonction de contrôle/sanction à une fonction de conseil/accompagnement ?
- Les chefs d’établissement sauront-ils collectivement dépasser le rapport ambigu au pouvoir que peuvent avoir certains d’entre eux ?
- Quant aux enseignants : sauront-ils dépasser une sorte de “passion pour l’égalité” qui a du mal à accepter la valorisation de quelques uns dans un métier où paradoxalement on met en avant la dimension collective alors que dans la majeure partie des cas on continue à en avoir une vision individualiste ?
Dans ce contexte, les approximations des médias qui résument les propositions en une formule qui serait celle du “salaire au mérite” ne peuvent que contribuer à jeter de l’huile sur le feu. Et à mettre en péril la fragile négociation avec les syndicats qui est menée jusque là. Des syndicats qui peuvent se crisper et (re)tomber dans la surenchère qui avait pu être évitée jusque là.

École numérique
Annoncé en mai 2015 par le Président de la République le plan Numérique pour l’éducation qui vise "à préparer l’école et la jeunesse aux enjeux d’un monde en transformation" se déploie sur un quart des collèges et 1800 Ecoles repartis sur l’ensemble du territoire. Dans une interview donnée à Educavox Florence Robine , la Directrice Générale des Enseignements Scolaires au ministère de l’Education Nationale, précise pourquoi la simultanéité du lancement de ce plan et de la réforme du Collège répond à une stratégie globale du ministère de l’éducation nationale. Pour elle, il ne s’agit pas de faire du numerique pour le numerique mais en faire "une aide précieuse à des leviers de réussite au cœur de la réforme du collège". Pour la Dgesco, le numérique permet de "donner du sens aux apprentissages, de tisser du lien entre les disciplines, de rendre les élèves plus autonomes et plus actifs.". Il peut en particulier constituer "une aide précieuse pour l’évolution des pratiques pédagogiques pour la question de l’individualisation des enseignements et la question de l’évaluation".
Cette vision positive du numérique est contestée par un ouvrage récent qui a donné lieu à de nombreux commentaires et entretiens. Philippe Bihouix et Karine Mauvilly viennent en effet de sortir « Le désastre de l’école numérique ». Ce livre très critique rassemble de nombreuses formules chocs où on affirme qu’« avec l’école numérique, nous allons élever nos enfants "hors-sol", comme des tomates ». Pour les deux auteurs le numérique ne permettrait ni d’apprendre mieux, ni de lutter contre les inégalités. Il serait même nuisible à l’acquisition des fondamentaux, ferait perdre le goût de l’effort et mettrait en péril le métier d’enseignant.
Cet ouvrage très polémique commence à susciter de nombreuses réactions d’enseignants et d’experts de l’école qui réagissent à ces affirmations et à une thèse qu’ils/elles jugent infondée. Pour se faire son opinion, on pourra lire les textes de Ninon Louise Lepage , de Stéphanie de Vanssay ou encore de Caroline Jouneau-Sion, Marie-Caroline Missir, Bruno Devauchelle, Jennifer Elbaz et bien d’autres...On peut signaler aussi sur ce sujet un tribune collective pour défendre l’enseignement du “code" à l’école à lire sur le site de Libération.

Mixité sociale
Une semaine après, la tribune de Thomas Piketty dénonçant la faible mixité sociale continue de faire des vagues et d’avoir des effets directs sur les décisions ministérielles et rectorales. Et le débat continue aussi dans la presse.
Celui qui était encore le recteur de Paris, François Weil (il a été nommé au conseil d’État le mercredi 14 et remplacé par Gilles Pécout jusque là recteur de Nancy-Metz) annonçait lundi 12 septembre le projet d’utiliser un algorithme pour déterminer l’affectation des élèves de 6e, pour la rentrée prochaine. Son petit nom : "Affelnet 6e", comme son grand frère "Affelnet 2nde", qui répartit les lycéens en fonction de leurs vœux d’orientation.
Parallèlement, le rectorat a indiqué qu’une "expérimentation" serait menée à la rentrée 2017 concernant des "secteurs multi-collèges"comme le préconise l’économiste Julien Grenet.
Un logiciel peut il créer de la mixité sociale ? se demande l’Express C’est la même question posée par Louise Tourret sur Slate.fr ou dans un article de France Info . A Paris, malgré quelques bugs, Affelnet a eu des effets bénéfiques pour l’entrée en seconde. Il a mis un terme au "marché des élèves", par lequel les proviseurs des lycées se partageaient les dossiers de façon opaque et subjective, et il a fortement contribué à diversifier le public scolaire dans les établissements parisiens. Mais en effet ce n’est certainement pas la seule solution et un algorithme ne suffit pas.
On peut aussi évoquer le projet de secteurs "multi-collèges", qui sera testé dans certains quartiers de la capitale en 2017. C’est l’économiste Julien Grenet, dont les travaux ont été cités par Thomas Piketty dans son texte, qui a conçu ce dispositif. Il est interrogé par Mediapart et donne aussi une interview très intéressante à L’Obs. Il partage le constat de Piketty mais en revanche est beaucoup plus circonspect sur les solutions proposées par l’auteur du “Capital au XXIe siècle”. Il ne pense pas que de contraindre le privé soit une solution efficace d’autant plus qu’elle risque d’être coûteuse politiquement en prenant le risque de relancer la “guerre scolaire” . “Concentrons-nous déjà sur la carte scolaire du public. A Paris, le phénomène de ségrégation sociale est lié pour moitié à des inégalités internes aux quartiers. […] Les inégalités s’expriment de manière très fine sur le territoire parisien et la carte scolaire, qui s’appuie exclusivement sur les adresses des élèves, ne parvient pas à les réduire. Pour arriver à une répartition plus homogène des populations, d’un collège à l’autre, il n’y a donc pas besoin de convoyer les enfants d’un bout à l’autre de Paris. Il suffit de faire bouger légèrement les frontières et de prévoir des zones de recrutement plus larges, communes à trois collèges par exemple. ”. Il estime aussi que Th. Piketty est trop sévère avec le Ministère et le Rectorat car, selon lui, beaucoup a déjà été fait notamment pour les lycées.

élections pestilentielles
Le feuilleton continue et la surenchère aussi...
Dans une émission de itélé, Jean François Copé déclare : Je propose de remettre la nation au cœur de l’école afin de transmettre la fierté d’être français à nos enfants :
- Rendre obligatoire le lever du drapeau à l’école.
- Rendre obligatoire le chant de la Marseillaise.
- Rendre obligatoire le port de l’uniforme dans les écoles publiques.

François Fillon veut quant à lui s’attaquer aux programmes scolaires. Le candidat à la primaire de la droite, qui a été ministre de l’Education nationale de Jacques Chirac, s’attaque aux « idéologues » qui pensent selon lui les programmes d’histoire : « Proposer à des académiciens de rédiger nos programmes d’Histoire ». Dans l’hebdomadaire Famille Chrétienne , à qui il a accordé à une interview publiée jeudi dernier, le député de Paris s’agace de voir les programmes actuels « rédigés par des idéologues qui dégradent en permanence notre héritage historique ». « Il y a une perte de repères qui se traduit chez une certaine jeunesse par une attitude très agressive vis-à-vis de la France et de son histoire », s’alarme François Fillon. « Au terme de ce processus, ajoute-t-il, il y a l’incivisme et des risques de dérives ». Et il conclut : « Nous avons le devoir de redonner à l’ensemble de nos concitoyens des raisons d’être fiers d’être français ».
Autre candidat à la primaire, Bruno Le Maire interviewé par Libération souhaite le remplacement du collège unique par un « collège diversifié » où des options professionalisantes seraient proposées dès la sixième. Quant à Nicolas Sarkozy, l’ancien chef de l’Etat recycle ses mesures de 2007 et de 2012, en y ajoutant une couche supplémentaire de fermeté nous dit Le Monde Le candidat à la primaire de la droite promet ainsi d’abroger les réformes du collège et des rythmes scolaires. Il souhaite également augmenter de 25% le temps de présence des enseignants du secondaire, contre une hausse de 20% de leur salaire.
Mais il n’y a pas qu’à droite qu’on rentre dans la surenchère. On peut même avoir un sentiment de grande confusion et de perte de repères quand on observe les recompositions qui semblent s’opérer aujourd’hui dans les débats sur l’École.
Ainsi, le 24 septembre prochain, dans la région parisienne c’est le collectif Condorcet (un collectif construit par des opposants à la réforme du collège) qui organise un colloque avec l’ancien recteur Alain Morvan, Loys Bonod, la sociologue Nathalie Bulle entre autres et... Paul Vannier ( secrétaire à l’éducation du Parti de Gauche). Et surtout avec une rencontre sur "l’école et la transmission" organisée à l’Assemblée Nationale par République Moderne” le mardi 27 septembre que s’accentue le malaise. Cette rencontre rassemblera JP. Chevènement, M. Onfray, JP. Brighelli (qui est ce week-end aux “estivales de Marine le Pen” à Fréjus ) et ... Arnaud Montebourg...
Finissons par un sourire (jaune)
Internet est cruel car il permet de retrouver des choses qu’on croyait oubliées...Claude Lelièvre sur son blog exhume un texte de Jean François Copé de 2009 (sur Slate.fr) intitulé “Faire de la langue arabe une option comme une autre” On peut y lire notamment ceci : « Il est légitime pour des parents de souhaiter que leurs enfants apprennent la langue d’origine de leur famille. Non seulement pour garder un lien vivant avec leur histoire familiale, mais surtout pour leur ouvrir des opportunités. »Amnésie ? opportunisme ? A vous de choisir... !

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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