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N° 516, Devenir lecteur

Billet d’é.l@b Ludovia

La chronique d’é.l@b

De Ludovia, l’université d’été du numérique qui a lieu chaque année depuis dix ans à Ax-les-Thermes, Stéphanie de Vanssay et Caroline Jouneau-Sion reviennent riches de nombreux récits d’expérimentations qui apportent leur lot de réponses pragmatiques. Riches de nouvelles questions aussi.

Le thème cette année était «  Numérique et éducation, entre consommation et création  ». La création de contenus par les élèves a été très présente : nécessité d’apprendre à publier à nos élèves, à les rendre acteurs et créateurs, à leur faire produire des ressources vraiment utiles à d’autres. Thème, ou plutôt objet, également omniprésent : les tablettes ! Outil mobile, individuel, pratique et multitâche, la tablette semble devenir incontournable. C’est un outil qui, malgré des qualités indéniables, pourtant n’est pas adapté au monde de l’école : outil individuel, les outils de gestion des applications en nombre manquent. Il n’est pas relié aux intranet, aux espaces numériques et autres environnements de travail. Et pourtant, des enseignants surmontent les obstacles pour faire de la tablette un outil pédagogique à part entière.

La première façon d’utiliser les tablettes est de détourner des applications. Dans l’un de ses nombreux ateliers, Marie Soulié, professeure de lettres, crée une webradio à la manière de Radio Argote, la radio de son collège, à l’aide de l’application Mixlr. Anne Delannoy et Marion Sablayrolles utilisent Aurasma et la réalité augmentée pour enrichir une exposition. D’autres enseignants créent même leurs applications : Emmanuelle Mariaud pour mettre des ressources à disposition dans un CDI, Martial Pinkowski pour ses cours d’EPS en collège. Cette dernière application était particulièrement intéressante : les élèves y observent et gardent les traces de leurs résultats et leur progression individuelle, facteur précieux de motivation. Les données des élèves sont traitées automatiquement par les applications, mais aussi rendues disponibles à chaque élève concerné, le tout évidemment dans le respect de leur aspect personnel, souci permanent. Enfin, Martial précise bien que les quelques tablettes dont il dispose ne sont utilisées que lorsque cela apporte un plus à l’activité prévue.

À l’heure de l’engouement général pour les tablettes, sans nier leurs atouts que sont leur mobilité, leur faible encombrement, leur aspect «  couteau suisse  », il est pourtant plus que jamais nécessaire d’explorer à quelles conditions elles sont un vrai plus pour les apprentissages des élèves. L’ingéniosité des enseignants bricoleurs précurseurs ne saurait suffire, les éditeurs de contenus et les décideurs doivent se saisir des enjeux à relever et des obstacles à surmonter : interroger la pertinence de fournir une tablette pour chaque élève, veiller à ce que la connexion soit à la hauteur des besoins, proposer des applications permettant l’échange et la création de contenu, aider au repérage de ce qui est pertinent dans la jungle des applications, etc.


Références
Le site de Marie Soulié : http://tablettes-coursdefrancais.eklablog.com/
Le site de Ludovia : http://ludovia.org/2014/

Sur la librairie

 

Devenir lecteur
Allons au-delà des controverses stériles et caricaturales : lire est une compétence complexe, apprendre à lire peut passer par bien des chemins, prend bien du temps, jusqu’à faire des élèves des lecteurs capables de comprendre et d’interpréter des textes de tous les genres, pour découvrir le monde comme les plaisirs esthétiques de la littérature.