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L’actualité éducative du N°400 - Janvier 2002

Au Salon de l’éducation, l’école se vend, les idées s’échangent

Par Odile Sotinel

Est-ce que l’idée même d’un « salon » pour l’éducation est une idée heureuse ? Situé avant le Salon de la piscine et du sauna et après le Salon mondial du deux roues, le Salon de l’éducation a aussi des choses à vendre : on y fait la promotion d’une voiture de course, d’une boisson énergétique, de repas pour des collectivités, de séjours en Bourgogne et d’ardoises magiques... On y réfléchit et l’on y échange quand même.

Le CRAP-Cahiers pédagogiques a participé à l’élaboration de la 1re journée consacrée à l’innovation. On y retrouve - entre autres - Philippe Meirieu, toujours enthousiaste vis-à-vis du métier d’enseignant : « Nous devons assumer le côté militant de notre profession, et ne pas s’attendre à ce que ce métier soit sans difficulté. S’il s’en présente ? Se garder de tomber dans les deux excès suivants : trouver des boucs émissaires (c’est la faute des autres) ou battre sa coulpe (c’est ma faute, c’est ma plus grande faute) ». Philippe Meirieu nous met en garde contre le côté « entre soi » des innovateurs qui peuvent aimer se distinguer des autres sans toujours vouloir que l’innovation soit partagée.

Le café pédagogique du vendredi a permis de prendre connaissance de la pratique des ateliers de discussion philosophique en collège. Michel Tozzi et Christine Vallin, tous deux militants aux CRAP-Cahiers pédagogiques, nous ont présenté une cassette vidéo témoignant de débats organisés par Christine, professeur de musique et son collègue professeur de français.

Le dimanche, le Salon s’est terminé par une fausse note. Le débat des politiques sur l’École a été saboté par les vociférations d’une trentaine de jeunes se réclamant du Front national. Impressionnant de voir à quel point, nous - le public, l’animateur et les organisateurs - étions désarmés vis-à-vis de cette montée de violence... et de voir ces jeunes clamer leur droit à la libre expression démocratique pour mieux détruire la démocratie qu’ils ne peuvent supporter.

Odile Sotinel