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L’actualité éducative du N°470 de février 2009

Ateliers-relais : comment préserver les acquis ?

Par Roxanne Caty-Leslé


Les ateliers-relais ne sont pas des lieux de relégation pour les élèves inadaptés au collège ordinaire, mais une vraie occasion de retour aux apprentissages. À quelles conditions ?
Cette réflexion a fait l’objet de journées d’étude organisées fin 2008 par le Centre Alain Savary de Lyon (centre national de ressource sur les pratiques éducatives en milieu difficile), en partenariat avec diverses institutions et associations.
Le séjour dans l’atelier-relais offre un lieu et un temps pendant lequel les élèves font le point sur leur situation scolaire dans des perspectives différentes selon qu’ils sont en classe de 5e et dans l’obligation de retourner au collège ou bien, plus âgés, en DP6 dans un lycée professionnel. Dans cet espace privilégié, il semble que les élèves rencontrés dans le cadre de l’étude trouvent la satisfaction de certains besoins : ils se sentent reconnus en tant que personnes par un adulte qui mise sur leur potentiel et leurs capacités à progresser. Ils sont à l’école, mais ont l’impression d’apprendre différemment grâce à des activités pédagogiques qui empruntent d’autres chemins. Ils se sentent encadrés, protégés. Les progrès dans l’organisation du travail, le traitement du matériel, l’apprentissage des leçons, la préparation des contrôles semblent marquer un tournant dans la vie de ces collégiens qui parfois expriment leur plaisir dans cette autonomie. Une autonomie qui s’exprime aussi à travers une (ré) acquisition de la confiance en l’adulte professeur ou parent. Ils redoutent souvent leur retour au collège : parce qu’ils ont manqué plusieurs semaines de cours, et qu’ils se demandent s’ils sauront trouver une autre place que celle d’avant ?
L’étude montre qu’au retour, les progrès constatés tant au point de vue social qu’au plan cognitif ne durent pas. Les élèves redeviennent ce qu’ils étaient auparavant. Comment ces élèves qui « bougent » peuvent-ils réintégrer un système collège qui, lui, ne semble pas bouger ?

Roxanne Caty-Leslé

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