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Recension parue dans le N°426 de septembre-octobre 2004

Accompagner les réformes et les innovations en éducation

Sous la direction de Guy Pelletier, L’harmattan 2004

14 septembre 2004

Le sous-titre de cet ouvrage coordonné par Guy Pelletier « consultance, recherches et formation » correspond bien à la problématique traitée : comment analyser les fonctions et les rôles tenus par les différents acteurs qui accompagnent des réformes et des innovations en éducation. Ainsi sont analysés le plus fréquemment par les chercheurs eux-mêmes les actions qui les ont conduits à mettre en place une réforme en éducation, à se livrer à un audit d’un système, à évaluer un réseau d’établissements, à expérimenter une innovation, à conseiller le pilotage d’un changement, à former des dirigeants...
Entre autres analyses, nous retenons les contributions suivantes.
Guy Pelletier analyse les rapports entre l’expert, l’académique et le politique au niveau des pratiques de consultance et termine par un guide de l’action en consultance internationale (construire la relation, produire un projet qui fait sens, savoir prendre des risques mais pas trop, apprendre à intervenir sans déqualifier, cultiver la collaboration et savoir préserver son indépendance, savoir prendre son temps et garder le cap, être soucieux de l’esthétique de l’action, savoir que c’est à la marge de l’action que se construit le sens de l’action).
Lise Demailly, en s’appuyant sur divers exemples, analyse la manière dont il est possible de tenir une distance critique dans l’analyse d’un processus innovant. Et si elle conclut, d’une part, que la bonne distance est celle qui permet d’empêcher le monde de tourner en rond et les croyances d’être tranquilles, y compris celles du chercheur ; elle conclut aussi en pointant la nécessité de se préoccuper, dans chaque situation, à construire la bonne distance.
Monica Gather Thurler, à partir de son expérience genevoise développe l’idée qu’il est plus judicieux de parler de développement durable que d’innovation scolaire. L’idée de développement durable se donne les moyens de mieux identifier et prendre en compte les acquis et les ressources humaines et matérielles existantes, d’impliquer l’ensemble des acteurs concernés dans une recherche collective de développement, de s’appuyer sur la recherche en éducation et de faire une place aux chercheurs à l’intérieur du dispositif et dans la proximité de son pilotage.
Françoise Cros identifie trois facteurs qui ont transformé la nature des interactions entre les acteurs et leurs attentes réciproques. Ainsi, elle note que tour à tour l’innovation devient un objet de recherche sur lequel doivent de pencher les chercheurs avec une praxis particulière ; puis, la recherche se déplace vers l’analyse des pratiques sociales innovantes ; enfin la recherche se fait avec les praticiens innovateurs. Elle conclut en signalant les intérêts et les limites de l’usage de la recherche comme accompagnement professionnel.
Evelyne Charlier, Karine Déjean et Jean Donnay présentent les différentes étapes d’une démarche d’accompagnement du changement sur et pour une école.

Michel Develay