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1ère revue de presse 2016

Bilan - Voeux - Charlie - Mixité


Pour cette toute première revue de presse de l’année 2016, nous vous offrons 4 mains et nos meilleurs vœux au nom de toute l’équipe. Elle n’échappe pas à la règle et commence par des bilans, se poursuit avec des vœux, continue avec un triste anniversaire et s’achève sur la question de la mixité.


Bilan

Philippe Watrelot propose sur son blog 15 mots pour une rétrospective de l’année 2015 dans l’actualité éducative, les voici : Charlie - Valeurs (de la République) - Collège - (pseudo) Intellectuels - Programmes - Dictée - Notes - Mixité (sociale) - Laïcité - Postes - Syndicats - Attentats - Élections - Départ - “Pédagogistes” - Une année qui fut donc riche en tristes événements, folles polémiques et changements profonds. Je vous invite à aller lire cet article, trop riche pour être facilement résumé.
Vousnousils nous propose le bilan de la rentrée 2015 de la DGESCO, présenté en Comité technique ministériel fin décembre. Celle-ci « dresse un bilan du dispositif « Plus de maîtres que de classes ». 423 nouveaux postes ont été dédiés à cette initiative, sur les 790 postes alloués aux écoles élémentaires. Au total, 2 352 emplois sont implantés sur ce dispositif. ». Deux des plus importantes académies en terme d’effectifs sont les principales bénéficiaires, « les académies de Versailles et Lille ».
Pour préparer les futurs bilans de la réforme, la Commission française pour l’enseignement des mathématiques annonce dans son bulletin qu’une instance de concertation et de suivi de la réforme associant les représentants des personnels va être mise en place dès le premier trimestre 2016, information qu’ils tiennent de la Dgesco. Il y est aussi beaucoup questions du recrutement et de l’éventualité de modifier le concours du CAPES de mathématiques.


Voeux

C’est évidemment la période des vœux pour les commentateurs du monde éducatif.
Les Cahiers Pédagogiques ont fait court et sobre avec une citation de Victor Hugo vantant le collectif et la solidarité.

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Bonne année par Geneviève Brassaud

Notre ami Jean-Michel Zakartchouk s’est contenté sur son blog Educpros "Enseigner au XXIe siècle" d’un seul vœu : en finir avec les clichés dans les débats sur l’éducation. Il nous propose ainsi un florilège, hélas non exhaustif de certaines expressions qui pourraient avantageusement y disparaître, ou être confinées à un usage plus limité, circonscrit et rigoureux : aller dans le mur, autiste, bisounours, bobo, colère, communautarisme, gratuit, les Humanités, néolibéralisme et bien évidemment pédagogiste.
Bon, cher Jean-Michel, ce n’est pas gagné si on va lire sur Causeur.fr le dernier article de Luc Rosenczveig, "journaliste" (sic) concernant la réforme du collège, « une réforme foncièrement bureaucratique, conçue et imposée du sommet, pétrie d’idéologie post-bourdieusienne, dont les racines conceptuelles plongent plutôt dans feue la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne du grand timonier Mao Zedong ». On mettra ça sur le compte de trucs pas frais mangés pendant les fêtes...
Avec sa façon habituelle de prédire le pire pour espérer le meilleur, Michel Guillou rêve des « 5 annonces que le ministère ne fera pas en 2016 ». « Ne comptez pas sur moi pour vous dire ce qui va se passer demain en matière d’éducation et, en particulier, d’éducation avec le numérique. C’est trop compliqué. Je ne ferai donc aucun vœu, sauf peut-être celui de voir l’horizon éducatif s’éclaircir, tant il est embrumé des discours stériles sur les rythmes scolaires et la réforme du collège... » Il mentionne notamment l’espoir préalablement déçu (?) de voir que « L’article L511-5 du Code de l’éducation sera supprimé » interdisant l’usage du téléphone portable à l’école.
Espoir parfaitement à propos puisqu’on découvre (enfin quand je dis découvre...) dans Ouest-France, les mille et unes facettes du téléphone portable au collège. A travers deux exemples dans la ville de Saint-Brieuc : un collège où l’interdiction est totale et un autre où le principal et son équipe ont décidé de faire de l’usage du numérique notamment via le téléphone un axe du projet pédagogique. « Au collège Le Braz, où l’usage du téléphone est permis en dehors des lieux fermés, des parents d’élèves ont lancé une pétition en faveur de l’interdiction du portable au collège ou du moins d’un débat sur son usage. Car il faut composer avec le code de l’éducation qui ne permet pas l’interdiction totale du téléphone portable dans un établissement scolaire ».. En bas de l’article, on peut lire ce commentaire : « Si certains parents d’élèves ne sont pas d’accord, plutôt que de pétitionner, ils peuvent toujours s’abstenir d’acheter un téléphone à leur enfant... »


Charlie, un an après

Dans L’Etudiant, un constat, « Après Charlie, la laïcité peine à s’imposer dans la formation des enseignants ». « l’idée que tous les futurs enseignants doivent être formés à la laïcité fait son chemin dans les Espé (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation). Mais la mise en pratique reste délicate. »
Le Monde s’intéresse à « la « Réserve citoyenne » à l’épreuve du réel ». « Le temps de la politique n’est pas le temps de l’école. Les nouveaux membres de la « Réserve citoyenne » autant que la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui avait appelé à leur mobilisation il y a bientôt un an – dans le sillage de l’attaque contre Charlie Hebdo –, en font aujourd’hui l’expérience. Car, un trimestre après la rentrée des classes, c’est au compte-gouttes que ces 5 429 réservistes, censés porter les valeurs de la République et incarner la laïcité au sein des établissements scolaires, en poussent les portes. » « Le gouvernement a-t-il péché par excès de zèle, de communication ? « Il y a eu l’effet d’annonce sous le coup de l’émotion, avec son battage médiatique ; il faut aujourd’hui que le projet s’articule avec les priorités, les objectifs, les rythmes des enseignants », répond Christian Chevalier, du syndicat SE-UNSA. Des enseignants souvent bien plus prêts qu’on ne le croit à ouvrir les portes de leur classe, mais qui aiment savoir avec qui et sur quelles bases ils vont collaborer. « Or, je ne suis pas sûr que les collègues, sous le feu constant des commandes éducatives, aient tous bien compris le rôle des réservistes », note M. Chevalier. ». Plus inquiétant : « « Le bilan quantitatif ne veut pas dire grand-chose », explique Marc Vigié, « référent Réserve citoyenne » pour l’académie de Versailles, en confiant avoir, pour sa part, rejeté plus de 200 propositions. Car la légitimité de certains candidats fait de facto débat. Et pas seulement parce que la majorité projettent d’intervenir sur le champ des valeurs et de la laïcité, domaines des plus compliqués, parfois sans expertise particulière. « Des tentatives d’entrisme, il y en a, observe M. Vigié, entrisme politique de la part de personnes gravitant dans les sphères de l’extrême droite, mais sans doute aussi entrisme de type religieux qu’il nous faut débusquer. » ».


Mixité, égalité...

Le journal La Croix lance un grand dossier sur la mixité à l’école, à partir de la parution de l’ouvrage de Jean-Louis Auduc :« Ecole, fracture sexuée ».
Dans l’interview, Jean-Louis Auduc explique qu’il ne souhaite « pas pour autant un retour à des classes non mixtes, garçons d’un côté, filles de l’autre. Je suggère seulement de mieux penser la mixité et d’aménager des temps séparés, aux moments clés de la construction de l’identité, là où les garçons sont les plus vulnérables. [...] Au sein de la famille, le vrai enjeu se situe entre 0 et 6 ans. Dès 3 ou 4 ans, il est d’usage de demander aux petites filles d’aider à mettre le couvert ou à rendre de petits services. Les parents attendent d’elles qu’elles le fassent bien. Avec les garçons en revanche, c’est une tout autre affaire. Ils sont beaucoup moins associés aux travaux domestiques. L’une des conséquences est que c’est à l’école qu’ils découvrent la contrainte et l’obligation de bien faire. Cela devrait être le cas beaucoup plus tôt ! Les parents doivent comprendre qu’il s’agit là d’un acte éducatif à part entière. »
Mais curieusement, et à l’opposé des prises de position habituelles du journal sur ces questions, l’article intitulé« Les garçons se motivent davantage entre eux » évoque longuement les classes non mixtes . Une professeure de français, Sylvie Bayol, y explique « En tant qu’enseignante, je trouve qu’il y a un intérêt profond à introduire une dose de non-mixité dans l’enseignement. J’ai enseigné à des classes de garçons, à des classes de filles et à des classes mixtes. Je suis donc bien placée pour savoir que ce n’est pas une question de savoirs différents : nous faisons dans tous les cas le même programme. En revanche, les classes non mixtes permettent d’adapter le support de cours aux besoins des élèves ». Besoins qu’elle présente ainsi « Dans une classe non mixte, j’augmente mes chances de les intéresser car je peux choisir des livres qui correspondent à leurs centres d’intérêt.Par exemple, l’étude d’une pièce de théâtre du XVIIe siècle est au programme en sixième. Cette année, avec toutes mes classes nous étudions Le Médecin volant de Molière. J’accompagne ce texte par des lectures à la maison qui, elles, sont différentes selon les classes. Pour les classes de garçons, j’ai choisi Meurtre au Palais-Royal, une enquête policière, et pour les classes de filles Louison et Monsieur Molière, dont le personnage principal est une fille. Cela plaît aux uns et aux autres. »

Cette revue rédigée par Laurent Fillion et Emilie Kochert, ouvre le bal d’une année probablement aussi riche mais espérons-le un peu moins triste que 2015.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Pédagogie : des utopies à la réalité

Revue n°525 - décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

Les parents et l’école, trente ans de réflexion

Hors série numérique 41
Coordonné par Guy Lavrilleux
La question des relations entre les parents d’élèves et l’école n’est pas nouvelle. Les Cahiers pédagogiques en parlent et y réfléchissent depuis plus de quarante ans. Ce nouveau hors-série numérique est constitué d’articles tirés de nos archives des trente dernières années, pour mettre en perspective enjeux et débats d’hier et d’aujourd’hui, pointer les problématiques qui perdurent mais aussi des pistes pour aller vers plus de dialogue et de coéducation.